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Publié par Maître ZEN

 

Qu’est-ce qui nous distingue des autres animaux ? Bien moins que nous le pensons, affirme Frans de Waal. Le primatologue nous invite à rabattre un peu notre orgueil humain afin d’ouvrir les yeux sur notre réalité animale et sur la nature.

Propos recueillis par Anne Laure Gannac

Arrêtons de nous croire supérieurs aux animaux !

La conscience de soi, la coopération, le sens de la morale… Voilà, pense-t-on souvent, ce qui nous rend humains. Sauf que, à renfort d’études, l’éthologie, la biologie et les neurosciences bousculent chaque jour un peu plus ces certitudes. Frans de Waal fait partie de ceux qui mettent régulièrement en évidence les capacités exceptionnelles des grands primates (sa spécialité), mais pas seulement : corbeaux, campagnols, poissons, tous les animaux trouvent en ce biologiste un observateur si attentif qu’il ne lui viendrait pas à l’idée de dire que les « bêtes » sont stupides. Dans la tradition de Charles Darwin, qui, il y a quelque cent cinquante ans, affirmait qu’entre l’esprit de l’homme et celui des animaux il n’y a qu’une différence de degré et non d’espèce, Frans de Waal nous intime de cesser de nous croire supérieurs, afin de nous regarder comme nous sommes : une espèce animale reliée à toutes les autres.

Dans votre livre, vous recensez toutes les études sur l’intelligence des animaux. D’abord, qu’est-ce que l’intelligence ?

Frans de Waal : Deux termes sont utilisés, intelligence et cognition. La cognition est le fait de traiter des informations à son avantage. Par exemple, une chauve-souris bénéficie d’un puissant système d’écholocation, et en utilise les informations recueillies pour se repérer et pour chasser. La cognition, très liée à la perception, est présente chez tous les animaux. L’intelligence désigne la capacité à trouver des solutions, notamment face à de nouveaux problèmes. On la constate chez les animaux à gros cerveau, mais aussi chez tous les mammifères, tous les oiseaux, chez des mollusques…

Vous énumérez quantité d’études qui démontrent l’intelligence des animaux. Pourquoi cette dernière reste-t-elle malgré tout si peu connue et reconnue ?

Frans de Waal : C’est que deux grandes écoles ont dominé les études sur les animaux durant le siècle dernier. L’une, populaire en Europe, s’efforçant de tout ramener à l’instinct ; l’autre, dite béhavioriste, aux États-Unis, selon laquelle les animaux seraient des êtres passifs, leurs comportements n’étant que des réponses à des incitations extérieures. Ces approches très simplistes trouvent encore des adeptes aujourd’hui, en particulier en France. Cependant, durant cette même période, des pionniers sont apparus : Köhler, Yerkes, Tolman… Une étude fameuse de Wolfgang Köhler, menée il y a cent ans avec des chimpanzés, consistait à accrocher une banane en hauteur. Dans la pièce, des caisses étaient éparpillées. Le chimpanzé a eu l’idée de les empiler jusqu’à arriver à la hauteur du fruit. Cela veut dire quoi ? Qu’il imagine, qu’il visualise dans sa tête une solution à un problème nouveau. Bref : il pense. Inadmissible ! Cela choquait les scientifiques très cartésiens pour qui les animaux ne pouvaient pas être des êtres rationnels. C’est seulement dans les vingt-cinq dernières années que les choses ont changé et que nombre de scientifiques, moi compris, ont commencé à se demander, non plus « Les animaux sont-ils intelligents ? », mais « De quel type d’intelligence usent-ils et comment ? ».

Il s’agit de s’intéresser vraiment aux animaux plutôt que de nous comparer à eux, c’est cela ?

Frans de Waal : Vous mettez le doigt sur un autre problème majeur, la tendance à mesurer l’intelligence des animaux selon nos standards humains. Par exemple, quand on se demande s’ils peuvent parler, en concluant que s’ils le peuvent ils sont intelligents, sinon, c’est la preuve que nous sommes uniques et supérieurs. C’est incohérent ! On se focalise sur les activités pour lesquelles nous sommes doués en essayant de voir ce que les animaux peuvent en faire.

Arrêtons de nous croire supérieurs aux animaux !

L’autre voie que vous suivez s’appelle la cognition évolutive, n’est-ce pas ?

Frans de Waal : Oui, il s’agit de regarder la cognition de chaque espèce comme étant le produit de l’évolution liée à son environnement. Un dauphin, qui vit sous l’eau, n’a pas besoin de la même intelligence qu’un singe, qui vit dans les arbres ; et les chauves-souris sont très douées en géolocalisation car cela leur permet de se repérer, d’éviter les obstacles et de capturer leurs proies ; les abeilles sont expertes dans la localisation des fleurs, etc. Chaque espèce a sa spécialité, donc se demander si le dauphin est plus intelligent que le singe ou l’abeille n’a aucun intérêt. Une conséquence peut en être que nous soyons moins doués que des animaux dans certains domaines, comme dans la mémoire à court terme, où des chimpanzés nous battent largement. Et alors ? Pourquoi devrions-nous être les meilleurs en tout ? La volonté de protéger l’ego humain entrave les progrès de la science objective. Nous avons été habitués à penser qu’il y a une échelle des êtres vivants, allant du plus haut (nous, bien sûr) au plus bas (insectes, mollusques ou que sais-je ?). Mais dans la nature il n’y a pas d’échelle ! Elle est composée de quantité de branches allant dans diverses directions. La hiérarchie des êtres vivants est une illusion.

Mais alors, quel est le propre de l’homme ?

Frans de Waal : Ça, c’est une question très française ! Et qui, parcourant les siècles de philosophie, est pour beaucoup dans notre approche anthropocentrée de la nature. Pour vous répondre, j’aime l’image de l’iceberg : sa partie immergée, la plus importante, correspond à ce qui réunit toutes les espèces animales, nous compris. La minuscule partie émergée correspond à la spécificité humaine. Les sciences humaines sont dingues de ce tout petit bout-là ! Mais pour moi, scientifique, l’iceberg est intéressant dans son ensemble.

Cette quête du « propre de l’homme » n’est-elle pas liée au fait que nous devons justifier notre exploitation des animaux ?

Frans de Waal : C’est très possible. Auparavant, quand nous étions chasseurs, un certain respect des animaux devait l’emporter parce qu’on mesurait combien il était difficile de les trouver et de les attraper. Mais être fermier c’est différent : on garde les animaux enfermés, on les nourrit, on les vend… Il y a fort à penser que de là découle notre attitude très dominatrice et très simpliste à leur égard.

Partant de votre ouvrage, donnons un premier exemple de la non-spécificité humaine : l’usage d’outils…

Frans de Waal : Non seulement nombre d’espèces en usent, mais beaucoup en fabriquent, alors que cela a longtemps été considéré comme proprement humain. Un exemple : on présente un tube transparent à des grands singes, mais, étant vertical et immobile, ils ne peuvent pas attraper la cacahouète qui se trouve à l’intérieur. Au bout d’un moment, certains décident d’aller prendre de l’eau à une fontaine proche et de la cracher dans le tube afin de faire remonter la noix. C’est une idée très ingénieuse à laquelle ils n’étaient pas entraînés : ils doivent imaginer l’eau comme un outil, persévérer (faire plusieurs allers-retours jusqu’à la fontaine si nécessaire). Face au même problème, seuls 10 % des enfants de 4 ans et 50 % des enfants de 8 ans ont cette idée.

Ce type d’épreuve exige également un certain contrôle de soi…

Frans de Waal : En effet, on a souvent tendance à penser que les animaux ne sont qu’instinct et émotion, tandis que les humains savent se contrôler et réfléchir. Sauf qu’il est impossible pour quiconque, animal compris, d’avoir des émotions et de ne pas avoir de contrôle sur elles ! Imaginez un chat qui voit un oiseau dans le jardin : s’il suit immédiatement son instinct, il va foncer droit sur lui, et l’oiseau va s’envoler. Il a donc besoin de réprimer un peu son émotion pour approcher lentement de sa proie, il est même capable de rester caché derrière un buisson pendant des heures, à envisager le moment opportun. Autre exemple : la hiérarchie, très présente chez nombre d’espèces comme les primates par exemple, repose justement sur la répression des instincts et des émotions. Connaissez-vous le test du chamallow ? On place un enfant seul dans une salle, assis à une table, avec devant lui un chamallow, et on lui dit que s’il ne le mange pas il en aura un deuxième en partant. Certains enfants sont très doués pour se maîtriser, d’autres absolument pas. On a également fait ce test avec des grands singes et des perroquets. Ils sont capables de se contrôler aussi bien – et d’autres aussi mal ! – que les enfants. Or, cela perturbe nombre de philosophes, car cela signifie que les hommes ne sont pas seuls possesseurs de la volonté.

Arrêtons de nous croire supérieurs aux animaux !

De même que nous n’avons pas le monopole de l’empathie ni du sens de la justice…

Frans de Waal : C’est vrai. J’ai mené de nombreuses études sur l’empathie chez les primates : ils consolent, ils aident… Quant au sens de la justice, il a été démontré, entre autres dans cette étude où l’on soumet deux chimpanzés voisins à un même exercice et, quand ils le réussissent, l’un obtient un raisin, l’autre un bout de concombre (c’est bon, certes, mais pas aussi savoureux !). Ce second chimpanzé constate l’injustice et se révolte, jette le concombre. Et parfois, le premier chimpanzé refuse le raisin jusqu’à ce que son voisin s’en voie offrir un, lui aussi. L’idée que le sens de la justice serait le résultat d’une formulation langagière rationnelle est donc probablement fausse. C’est sans doute une action reliée à la coopération : si tu n’obtiens pas autant que moi, tu ne voudras plus coopérer avec moi, donc cela me nuira.

Arrêtons de nous croire supérieurs aux animaux !

 

 

Et le langage ?

Frans de Waal : De toutes nos capacités, c’est sûrement la plus spécifique. Le langage humain est hautement symbolique et appris, alors que chez les animaux il consiste en signaux innés. Cependant, l’importance du langage est largement surestimée. On a pu croire qu’il était indispensable à la pensée, à la mémoire, à la programmation… Nous savons désormais que c’est faux. Les animaux peuvent prévoir, ils se souviennent… Le psychologue Jean Piaget, déjà, dans les années 1960, affirmait que la cognition et le langage sont deux choses séparées. Cela est aujourd’hui prouvé, via les animaux.

L’intelligence des animaux peut-elle servir à des actes gratuits, c’est-à-dire ne pas répondre à un besoin vital ? Je pense à la création artistique, par exemple.

Frans de Waal : Dans la nature, ils ont bien trop besoin de se consacrer à leur survie pour développer ce type d’activités. Comme cela a été le cas pour les humains pendant des millénaires. Mais dès lors que vous avez du temps, du confort et l’intelligence, alors vous pouvez user de cette dernière autrement. En jouant, par exemple, comme le font nombre d’animaux, même adultes. Puis, pour parler art, des études démontrent le sens du rythme des animaux dont les perroquets ; et des singes se sont avérés très doués en peinture. Je pense notamment au chimpanzé Congo, dont Picasso a acheté une œuvre dans les années 1950.

 

Faut-il donc cesser de penser en termes de différences entre humains et animaux ?

Frans de Waal : Il s’agit surtout de développer une conception plus juste de notre propre espèce. Plutôt que de la voir comme le produit de la culture et de l’éducation, je la considère suivant une perspective ascendante : nous sommes des animaux avant tout très intuitifs et émotionnels. Rationnels ? Nous le sommes parfois, mais décrire notre espèce comme rationnelle serait une erreur de jugement. Il suffit de regarder notre monde pour voir combien l’émotion y joue un rôle écrasant. Alors ne surestimons pas notre rationalité ni notre « exceptionnalité ». Nous sommes totalement connectés au reste de la nature.

 

Article Psychologies.

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driveway doorbell 20/12/2016 18:36

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