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Publié par Maître ZEN

Beaucoup le considèrent comme le mal professionnel de notre siècle. Et pour cause : à l’heure actuelle, les cas de burn-out, ou syndrome d’épuisement lié au travail, ne cessent de se multiplier. Catherine Vasey, psychologue spécialiste du sujet, nous explique comment les reconnaître, et surtout, s’en prémunir.


 

« Je n’ai absolument rien vu venir. » Trois ans que Bluefox678, un internaute, la cinquantaine, travaillait comme cadre dans l’administration. « Tout allait bien » jusqu’au jour où sa direction lui impose un important surcroît de travail, faisant la sourde oreille à ses protestations. « On m’a fait comprendre que ne pas l’accepter pourrait compromettre mon avancement. Finalement, je me suis dit que je devais être capable d’abattre cette masse de travail supplémentaire. J’ai alors commencé à sauter systématiquement la pause déjeuner. A repasser le soir au bureau, après mes rendez-vous extérieurs, pour faire mes dossiers ». En trois mois, il perd quinze kilos et un jour, craque. « J’étais devenu un autre. Irritable, ne supportant plus rien. Entre mes rendez-vous, j’avais des crises de larmes au volant, et parfois même l’envie de rater un virage… » Comme Bluefox678, de plus en plus de personnes sont victimes de ce que beaucoup considèrent comme le mal professionnel de notre siècle : le burn-out. Un syndrome d’épuisement professionnel qui peut avoir de graves conséquences sur ceux qu’il atteint. Et qu’il est important de savoir reconnaître, pour mieux s’en protéger.



En cause : notre stress chronique

Un concept récent

Le terme de burn-out a été employé pour la première fois en 1974 par le psychiatre américain Herbert Freudenberger dans un article, Staff burnout. Il l’a défini alors comme une « brûlure interne ».

 

Littéralement, faire un burn-out, c’est « brûler de l’intérieur, se consumer ». « C’est une usure à petit feu qui trouve sa source dans le cadre professionnel », explique Catherine Vasey, psychologue et auteure de Burn-out : le détecter et le prévenir (Editions Jouvence, 2007). En cause ? Le stress chronique que nous sommes nombreux à subir au travail. « Contrairement à ce que l’on pense souvent, la première cause d’un burn-out n’est pas psychologique, mais physiologique. Il est dû à un stress important et répété. Le stress est une réaction du corps, qui lui permet de se mettre en alerte le temps d’un danger. Le problème, c’est qu’aujourd’hui, l’urgence est devenu un mode de vie. Les gens sont sur le qui-vive 24 heures sur 24. Résultat : leur corps est épuisé. Et cette fatigue de fond va avoir un impact sur leur moral ». Doutes sur ses compétences, ses qualités, dépréciation de soi-même, irritabilité… Très vite, l’épuisement émotionnel vient s’ajouter à l’épuisement physique.

 


Un processus insidieux

 

Le burn-out « est un processus, et non un état », précise la psychologue. Processus qui peut d’ailleurs avoir différents degrés de gravité. « On n’est pas obligés d’aller jusqu’au fond pour rebondir. Sachant que l’évolution d’un burn-out est très lente ».

 

Mais un jour, on arrive au bout du bout de l’épuisement. « Soudain, j’ai craqué », « il/elle a pété les plombs », peut-on entendre. Le propre du burn-out : bien souvent, la personne qui en est atteinte ne s’en rend pas toute de suite compte. Pas plus que son entourage. « Cette personne va avoir tendance à en faire beaucoup, analyse Catherine Vasey. Elle va penser sans cesse à son travail, se rendre toujours disponible et prendre un rythme effréné sans forcément le réaliser. Ce faisant, elle va perdre contact avec elle-même, s’oublier, et finir par ne plus tenir compte de ses limites ». Jusqu’à un jour, perdre le contrôle.

 

La « maladie de l’idéalité »

 

Mais un burn-out n’est-il pas le fait d’une personne « fragile » ? Non, car nul n’est à l’abri. L’épuisement professionnel touche les hommes comme les femmes, toutes professions confondues. Leur point commun ? « Le plus souvent, ce sont des personnes très engagées dans leur travail, qui aiment leur entreprise, des personnes ‘pilier’. Ce sont elles qui subissent le plus les tensions et le stress ». Des individus perfectionnistes, en quête de reconnaissance, dévouées à leur société… qui ne comptent ni leurs heures ni leur énergie, et se retrouvent les plus vulnérables face à ce que l’on appelle « la maladie de l’idéalité ». C’était le cas de toctoc927, qui témoigne, sur un des forums traitant le sujet. « Un an après avoir intégré mon entreprise, je me suis retrouvée seule pour accomplir le travail de deux employés. Le tout, sans broncher. Ma direction ne cessait de louer ma rigueur tout en me demandant d’en faire toujours plus. » Quelques mois plus tard, elle craque. « Pâle à faire peur, amaigrie, incapable de monter un escalier sans être au bord du malaise ». Un burn-out dû, selon elle, à son épuisement mais aussi à l’absence de reconnaissance de son travail.

 


Subir son travail

 

Perte de sens de la valeur travail, manque d’autonomie, de reconnaissance, connexion continue grâce aux nouvelles technologies… Pour Catherine Vasey, nos conditions de travail actuelles favorisent la multiplication des cas de burn-out. « Dans notre société, l’hyperactivité est survalorisée. Dès lors, les gens ne sont pas évalués sur les bons critères. On leur demande de faire mille choses à la fois, d’aller le plus vite possible, et avec les nouveaux moyens de communication, de toujours répondre dans les cinq minutes. On les surcharge de travail et d’informations -dont la plupart ne les concernent pas- à gérer. Tout en faisant fi de leur désir d’exécuter un travail de qualité ». D’où le sentiment qu’ont de plus en plus d’entre nous de subir leur travail. Le commencement d’un mal-être face auquel il est important de réagir.


Identifier les lieux d’usure

Marie Pezé, psychologue clinicienne et psychanalyste, a ouvert la première consultation Souffrance et Travail à Nanterre. Comme certains de ses patients, elle a craqué en 2002, épuisée. Elle raconte.

Premier réflexe : identifier ce que Catherine Vasey nomme « les lieux d’usure ». Un téléphone qui sonne toutes les deux minutes, une tâche récurrente mais complètement inutile, un collègue qui se repose entièrement sur vous… « Ce sont des tâches, des situations ou des personnes qui créent chez vous un sentiment d’impuissance, de lourdeur, de fatigue. Qui vous vident de votre énergie ». L’idée : les repérer pour ensuite tenter de les faire changer. De les améliorer. Mais attention, prévient la psychologue : « certains lieux d’usure, certaines conditions de travail, sont impossibles à faire évoluer. Au lieu de perdre son énergie à tenter de casser un mur, on doit les accepter car on ne peut précisément rien y faire. ».

 

Prendre soin de soi

Trois règles d’or

- Personne n’est protégé face au burn-out
- On ne peut pas s’en sortir tout seul
- Au quotidien, il est bon d’interroger la distance que l’on a avec son travail : prend-il trop d’importance ?


Et Catherine Vasey va plus loin : « le principe de base, c’est de ne pas focaliser sur ce qui est stressant, usant, mais sur la façon dont on peut prendre soin de soi. » Se ressourcer… au travail, voilà l’objectif. Qu’est-ce qui fait sens dans mon travail ? Qu’est-ce qui me motive, m’apporte de la satisfaction ?... Autant de questions à se poser pour tenter de trouver un juste équilibre entre des tâches « ressourçantes » et d’autres, plus « usantes ». Sans oublier les pauses, à s’accorder tout au long de la journée. « Même de toutes petites, pour relâcher les tensions. Il suffit de bouger un peu en s’étirant, en montant les escaliers, ou en faisant une petite promenade… » Car rester statique, surtout derrière un ordinateur ne fait qu’accumuler les tensions. L’objectif final de toutes ces petites attentions envers soi-même ? « Ne plus terminer une journée de travail en étant complètement épuisé, au point de ne plus pouvoir s’investir dans sa vie privée. Il n’est pas juste de sacrifier toute son énergie au travail ».

 


Burn-out : et après ?

 

Face au burn-out, nous avons donc les moyens de réagir.

A condition de savoir en reconnaître les symptômes. Parmi eux : grande fatigue, troubles du sommeil, irritabilité, agressivité, ruminations, perte de concentration… Mais aussi des problèmes physiques comme pression respiratoire, maux de tête et d’estomac… Le signe qui ne trompe pas parmi tous ces symptômes ? « Lorsque cette fatigue de fond ne passe pas avec les vacances et que l’accumulation de tensions et de stress reprend sitôt le retour au travail ».

Catherine Vasey a fondé Noburnout, un réseau de spécialistes qui entend créer des outils de recherche et de prévention du burn-out en entreprise. Leur site propose notamment un test gratuit : Suis-je en burn-out ? Dernier outil de prévention créé par la psychologue : un jeu de cartes. « Vivant au travail. Prévenir le burnout le temps d’une pause » (Editions Noburnout) : 45 questions essentielles afin de prévenir le stress au travail.

Il est alors temps de consulter son généraliste pour un bilan de santé. A lui d’identifier les causes - burn-out ou autre problème physique - de vos symptômes. Et de vous arrêter, ou non. « Ce n’est pas obligatoire. Mais quand on n’a plus d’énergie et un fort risque d’accident, c’est indispensable ». Si toctoc927 n’est jamais retournée travailler dans son entreprise, Bluefox678, lui, ne s’est arrêté que quinze jours avant de reprendre au même poste. D’ailleurs, 90% des patients de Catherine Vasey finissent par reprendre leur travail. « Il est important qu’ils réalisent l’on peut faire autrement, qu’ils peuvent arriver à gérer le stress et la pression. Retourner à leur poste va leur donner une force nouvelle, les aider à trouver un nouvel équilibre ». Heureusement, un burn-out n’a, dans la plupart des cas, rien d’irréversible. Mais peut faire de gros dégâts. Bluefox678, qui a aujourd’hui changé de métier, se considère encore « en sursis ». Quant à toctoc927, après six mois de chômage, elle a retrouvé un poste à la hauteur de ses attentes et de ses compétences. Et se sent respirer. « Enfin ».

 

Relax Office


article par Margaux Rambert.

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