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Publié par Maître ZEN

 

Besoin de calme et d’isolement ? Dans un environnement saturé de stimulations sonores, l’absence de bruit peut pourtant provoquer l’ennui ou nous renvoyer à des angoisses profondes. Un peu de silence, oui, mais à conquérir à pas feutrés.

Apprivoiser le silence

Dans The Artist, ce "silent film", comme disent les Américains, que l’on ne présente plus, une scène est particulièrement troublante. Un tonnerre d’applaudissements salue George Valentin (alias Jean Dujardin), mais nous n’entendons ni claquements de mains ni bravos, ce qui provoque en nous la sensation étrange d’être décalés, isolés de cette salve d’enthousiasme. « Le bruit construit un paravent permettant le retrait hors du monde, explique l’anthropologue David Le Breton. La muraille sonore érigée par le baladeur isole d’un monde difficile à saisir en donnant une sécurité provisoire, un sentiment de contrôle sur l’environnement. À l’inverse, le silence est une cristallisation de la durée, un temps arrêté ou infi niment lent ouvert à la sensorialité du corps humain. » « Il renvoie à l’inconnu tel un écran blanc », confirme la psychanalyste et psychothérapeute Marie Romanens, auteure avec Patrick Guérin de Pour une écologie intérieure (Payot, 2010).

 

 

L'angoisse du vide

Pour les scientifiques, le silence est un son à zéro décibel qui n’existe pas en dehors des chambres acoustiques. Même en haute montagne, un souffle d’air imperceptible fait grimper les décibels à dix. Cela est d’autant plus vrai que notre propre corps émet en permanence des sons que nous percevons plus ou moins consciemment : gargouillis, respiration forte, battements de cœur en cas d’angoisse ou d’effort physique. Même lorsque nous lisons dans notre tête, la clameur des mots résonne en nous. « Le silence relève d’une sensation subjective puisque notre ouïe est stimulée en permanence », précise Mireille Tardy, ORL et phoniatre de l’association Journée nationale de l’audition (JNA). Il parle à l’imaginaire et peut renvoyer soit à la représentation paisible du monde subaquatique, soit à celle, terrifiante, d’une cave isolée. Ce à quoi Emmanuelle Laborit, sourde de naissance, rétorque : « Mais c’est bruyant de sensations une cave ! » Et la comédienne de préciser qu’elle « l’entend » comme un lieu plein d’odeurs et d’humidité. Pour elle, le silence serait d’« avoir les yeux fermés, les mains paralysées, le corps insensible, la peau inerte. Un silence du corps », écrit-elle dans Le Cri de la mouette (Pocket Jeunesse, 2003).

 

 

Au fond, c’est parce qu’il nous prive de nos repères sonores qu’il fascine, intimide ou effraye. Dans nos sociétés modernes, le silence nous alerte. Il est celui « de la panne, de la défaillance de la machine, de l’arrêt de transmission », note David Le Breton. Un espace vide qui inquiète, au point que le chuchotement ou le mutisme deviennent immédiatement suspects : que cherche-t-on à me cacher ? Pourquoi ce silence ? Que traduit-il_  Depuis l’enfance, Emmanuelle Laborit associe le bruit à la lumière et aux couleurs, tandis que le silence est noir comme la nuit, ce moment où elle ne pouvait pas communiquer avec ses parents.

 

 

Silence et intériorité

Certains supportent mal la tranquillité d’une maison de campagne quand d’autres utilisent la télé comme une berceuse pour s’endormir. « Ce bruit de fond rassure en reprenant la façon dont notre entourage s’adressait à nous lorsque nous étions petits : une voix douce, un tempo régulier, des mots répétitifs », remarque Mireille Tardy. « L’absence de sons nous confronte à notre intériorité, et beaucoup craignent ce qui peut en émerger : colère, tristesse, frustrations… poursuit Marie Romanens. Cela renvoie à nos peurs archaïques, au sentiment d’insécurité de base, à la solitude, à l’abandon, à la finitude. Cela peut générer une véritable angoisse d’anéantissement pour ceux qui n’ont pas connu une mère “suffisamment bonne” », selon l’expression du pédiatre et psychanalyste britannique Donald Woods Winnicott. C’est d’ailleurs ce face-à-face inconfortable avec le silence qu’utilise la psychanalyse pour accéder à l’inconscient, libérer la parole et nous conduire sur le chemin de l’autonomie psychique.

 

 

Les risques de la fatigue auditive

Outre la psyché, l’organisme aussi a besoin de silence pour que ses fonctions soient optimales. « Une nuit à moins de trente-huit décibels permet au métabolisme de bien fonctionner et lui apporte le véritable repos. Exposé à soixante décibels, le sommeil n’est plus réparateur, ce qui peut générer à la longue de l’hypertension, des gastrites liées au stress auditif, de l’irritabilité, des troubles de la mémoire et de l’attention, observe Mireille Tardy. On ne peut pas pour autant parler d’insomnie ! » La solution ? Mesurer le volume sonore de la chambre pendant la nuit et installer, si besoin, des doubles vitrages, ou dormir avec des boules Quies. De jour, la fatigue auditive se manifeste par une impression d’avoir du coton dans les oreilles. Le médecin recommande alors de porter immédiatement des bouchons pendant vingt à trente minutes, surtout après deux heures d’exposition à plus de quatre-vingt-dix décibels (cris, rue en travaux, fort trafic automobile, discothèque…).

 

 

De la vie dans le silence

  Si l’accoutumance au bruit se fait malgré nous – pour preuve, les riverains des gares ou aéroports qui finissent par ne plus entendre les trains ou les avions –, apprivoiser le silence demande un entraînement progressif.

 

Se balader dans un jardin ou en forêt, entrer dans une église, limiter le volume de son MP3, passer moins de temps devant la télévision ou dans les grands magasins, se boucher les oreilles à l’arrivée du métro, pratiquer le qi gong ou le tai-chi… L’essentiel est de ponctuer notre paysage sonore de temps de récupération, tels les pauses et les soupirs d’une partition musicale. Et d’écouter les sons non agressifs qui nous entourent. Déceler le chant d’un oiseau, le tic-tac d’une horloge, le craquement d’une armoire en bois et même le frottement de notre pantalon… Il y a de la vie dans le silence !

 

Développer cette acuité réduit l’anxiété, gomme le sentiment de solitude et confère un caractère sacré à ces moments de dépouillement. Cela permet de se retrouver soi. Nous pouvons aussi nous taire plus souvent en compagnie d’autrui, afin que mûrissent, en lui comme en nous, des réponses plus élaborées. Enfin, n’oublions pas l’incessant bavardage intérieur qui soûle nos pensées. La méditation apprend à ne plus y prêter attention pour accéder au silence intérieur. Sans doute le plus épanouissant.

 

article par Agnès Rogelet.

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http://prophonesystems.com 30/06/2014 13:10

According to my opinion, silent atmosphere is the best-suited thing to write a poem. According to anthropologist David Le Breton, silent atmosphere calms our mind and thus boosts our creativity. This has been confirmed by various poets and writers also.