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Publié par Maître ZEN

 

Comment être maître de son existence sans tomber dans l’hypercontrôle ? Quand savoir s’abandonner sans pour autant se résigner ? À l’occasion de la sortie de son nouvel ouvrage, Petit traité de l'abandon, le philosophe Alexandre Jollien nous livre quelques-uns de ses secrets pour agir, et non pas réagir.

Anne-Laure Gannac

 Il faut lâcher, même le lâcher-prise.

Comment entendez-vous l’expression « prendre sa vie en main » ?

Alexandre Jollien : Longtemps, j’ai cru que cela signifiait maîtriser sa vie. Tenter de tout maîtriser. Par exemple, j’avais souvent des envies de changements radicaux, je prenais de grandes résolutions : « Demain, je ferai ceci et tout ira bien, je ferai cela et ma vie sera parfaite. » Mais sans rien tenir sur le long terme. Parce que j’étais dans une démarche volontariste qui consistait à vouloir changer la vie, sans l’intégrer. Aussi, aujourd’hui, je préférerais dire : « Prendre sa vie dans les bras. Accueillir sa vie. » Lorsque je prends ma petite fille Céleste dans mes bras, elle s’y abandonne. Oui, pour moi, être pleinement acteur de sa vie, c’est cela : essayer de s’abandonner à la vie. C’est devenu tout mon projet. Alors même que ce mot « abandon » m’a traumatisé, enfant. Lorsque mes parents m’ont placé dans un institut pour personnes handicapées, je l’ai vécu comme un abandon de leur part, même si, dans les faits, ce n’était pas le cas. Aujourd’hui, je comprends que ce mot est la clé. Et je me rends compte que, quand je voulais tout maîtriser, je maîtrisais moins que maintenant, depuis que j’apprends à donner ma confiance à la vie.

Est-ce le fameux lâcher-prise ?

Je n’aime pas cette expression. J’ai vu trop de gens souffrir d’angoisse ou de deuil, à qui l’on disait : « Il faut lâcher prise », ou « Il faut accepter ». C’est leur infliger une exigence supplémentaire. Et puis, cela peut laisser entendre que, en appliquant des règles, des « méthodes », nous pourrions atteindre le lâcher-prise une fois pour toutes et que, ensuite, nous serions définitivement prémunis contre la souffrance.Or, ce n’est pas cela, la vie. Et ce n’est pas cela, l’abandon.

Qu’est-ce que cela signifie, alors, concrètement ?

Qu’il faut lâcher, même le lâcher-prise ! C’est-à-dire que, lorsque nous allons mal, nous ne devons pas chercher à nous rajouter des efforts pour aller mieux. Mais simplement accueillir. Être là. Un jour que je n’allais pas bien, j’ai demandé à un moine de m’apprendre des exercices spirituels. Il m’a répondu : « Apprends déjà à te détendre. » Et j’ai passé l’après-midi à regarder un bon film ! L’abandon, c’est se laisser aller dans les hauts et dans les bas. Car ça passe. Tout passe, et ce n’est jamais dramatique. Nous pouvons bien tenter de tout changer dans notre vie, cela ne la modifiera pas dans ce qu’elle est intrinsèquement : ce mouvement perpétuel de hauts et de bas.

 Il faut lâcher, même le lâcher-prise.

Comment apprenez-vous à abandonner ?

En pratiquant la méditation depuis deux ans. S’obliger à être assis – ou, dans mon cas, allongé – et laisser passer les pensées, agréables ou douloureuses, sans jugement, pendant une heure, chaque matin. Cela peut sembler rigoriste, mais je crois qu’il y a peu de choses dans la vie que nous maîtrisons, alors ce que nous pouvons faire, il faut le faire. Il faut nous y tenir. Et depuis que je pratique le zen, tout en niant la réalité. Un arbre pousse sans se poser la question du pourquoi il pousse. C’est cela, agir. Nous, nous perdons un temps considérable à nous demander : « Si je fais ceci, qu’est-ce qui va se passer ? », ou « Que va-t-on penser de moi ? ». Cela nous arrache au présent et à l’action, pour n’être plus que dans la réaction. Au fond, nous jouons un rôle, et c’est cela qui donne le sentiment de ne pas être acteur de notre vie : nous nous oublions en même temps que nous idéalisons le regard de l’autre. Pour prendre sa vie en main, il faut commencer par être vrai. Non pas être méprisant et égoïste, mais s’efforcer de ne pas jouer de rôle.

Nous ne partons pas tous avec les mêmes chances pour devenir acteurs de nos vies. Vous-même devez composer avec le handicap. Comment éviter de s’enfermer dans un statut de victime ?

En portant l’attention sur le présent. Cela me demande un effort constant; je suis souvent tenté de regarder le passé, de me dire victime de mon histoire, de mon enfance, etc. Alors, pour revenir au présent, j’essaie de parler d’« aujourd’hui » : aujourd’hui, je vais voir tel ami, aujourd’hui, je passe l’après-midi avec mes enfants… Cet « aujourd’hui » me sort du statut de victime. Et j’essaie de bannir les conditionnels, les « j’aurais dû ». Quand je sens cette pensée monter en moi, je la laisse passer en revenant au présent. Car plus nous regrettons, moins nous pouvons être actifs. Nous avons tous, en nous, cette capacité à vivre le présent, il suffit de regarder un enfant pour nous en convaincre : il est « là ». Le problème, c’est que nous avons perdu cette aptitude. La méditation m’aide à la retrouver.

Partant de cette idée d’abandon, on peut se dire qu’il suffit de se résigner et ne plus agir ?

Ce n’est pas de la résignation, au contraire, l’abandon est un engagement. Lui seul permet d’être véritablement dans l’action. Il y a une différence fondamentale entre agir et faire. Notre société pressée nous incite davantage à faire, à réagir qu’à agir. Agir, c’est être là et avancer avec ce qui est. Faire, c’est vouloir ajouter des choses au réel tout en niant la réalité. Un arbre pousse sans se poser la question du pourquoi il pousse. C’est cela, agir. Nous, nous perdons un temps considérable à nous demander : « Si je fais ceci, qu’est-ce qui va se passer ? », ou « Que va-t-on penser de moi ? ». Cela nous arrache au présent et à l’action, pour n’être plus que dans la réaction. Au fond, nous jouons un rôle, et c’est cela qui donne le sentiment de ne pas être acteur de notre vie : nous nous oublions en même temps que nous idéalisons le regard de l’autre. Pour prendre sa vie en main, il faut commencer par être vrai. Non pas être méprisant et égoïste, mais s’efforcer de ne pas jouer de rôle.

 Il faut lâcher, même le lâcher-prise.

Pourquoi est-ce si difficile ?

Parce que nous avons peur, en étant vrais, de ne pas être aimés. C’est pour cela que je m’efforce de faire comprendre à mes enfants qu’ils n’ont rien à faire pour être aimés. Même si c’est parfois difficile de le faire entendre sans tomber dans le discours tout permissif. Aussi, quand je dis à mon fils : « Tu peux mettre le feu à l’appartement, je t’aimerai toujours », je m’empresse d’ajouter : « Mais je te déconseille sérieusement de le faire ! » [Rires.]

Vous dites qu’il faut savoir agir plutôt que réagir. Mais la nuance est difficile à cerner, au quotidien…

Oui, elle l’est, parce que lorsque nous sommes face à un choix ou dans une situation douloureuse, nous sommes tentés de prendre une décision radicale, précipitamment. Cette capacité à être immédiatement réactif est peut-être un atout dans le milieu professionnel, mais, dans la vie quotidienne, elle nous prive du temps de la réflexion. Ce temps qui permettra d’être non plus dans la réaction, mais dans la véritable action, celle qui prend en compte la réalité. Se demander : « Qu’est-ce qui est essentiel pour moi à ce jour ? Travailler beaucoup ? Être avec mes enfants et ma femme ? »

Sauf que ce n’est pas toujours simple de savoir ce qui est bon pour soi…

Non, comme le dit le zen, il reste toujours le grand doute : « Est-ce que je vais réussir ? Est-ce que je suis sur la bonne voie ? » C’est inévitable. Et puis, le risque est de vouloir figer les choses : « Le bien, pour moi, c’est ça ! » Quand je cherchais un auxiliaire de vie, j’ai commencé par faire une sorte de portrait-robot idéal. Ma femme m’a dit, à raison : « Tu te coupes de la réalité en faisant cela! » C’est pareil pour le bonheur. Il est tentant de se dire : « Je serai heureux, je serai pleinement acteur de ma vie quand j’aurai ceci. » Non, le bonheur, l’action, c’est maintenant, aujourd’hui, à chaque instant, par chaque acte que je choisis de poser.

Parfois, les circonstances nous empêchent : nous devons gagner notre vie, supporter tel collègue, tel voisin, etc. Dans ce cas, pouvons-nous vraiment éviter de nous sentir victime de notre vie ?

Oui, je suis conscient que cette approche peut échapper à ceux qui se trouvent sous le poids du stress ou sous la pression d’un patron, par exemple. Je viens d’une famille d’ouvriers et je ne l’oublie jamais : mon père n’a jamais lu un livre, il était épuisé par son travail et n’avait aucune possibilité d’en changer. D’abord, je crois, avec Spinoza, que tenter de voir ce qui nous a poussés à vivre de cette façon peut aider à nous libérer. Ne pas culpabiliser d’être stressé, d’être tombé dans un guet-apens ou d’avoir pris telle ou telle décision professionnelle. Car c’est une de ces « passions tristes » qui nourrissent l’idée du « j’aurais dû ». Non : nous n’avons pas toujours le choix. Ensuite, ce qui me paraît essentiel, c’est de s’entourer d’amis et de les apprécier. « Prendre sa vie en main », « être acteur de sa vie » peuvent s’entendre comme des postures individualistes, mais c’est le contraire. Je crois profondément que cela passe par la capacité à partager ses expériences et ses émotions, et à demander du soutien à ses amis. Il faut savoir nous décharger un peu de nos fardeaux pour être capable de maîtriser le peu qu’il nous est possible de maîtriser. Mais cela demande d’apprendre à faire confiance, et c’est du travail. Pour moi, en tout cas, qui ne suis pas d’une nature confiante : j’ai peur sans cesse, des maladies, de la mort… Mais j’y travaille, grâce à la méditation.

À vous entendre, nous pourrions penser que la méditation guérit de tout !

Non, je ne veux surtout pas laisser entendre que la méditation rend la vie plus belle ! Elle peut simplement aider à retrouver une certaine spontanéité. À profiter de ce que nous donne le présent. Le regard de mes enfants est tout sauf un dû, il peut disparaître demain, de même que la compréhension de ma femme, le soutien de mes amis… Au fond, pour moi, être acteur de sa vie, paradoxalement, ce serait savoir contempler ce qui est là. Tant que je fuis ce qui est sous mes yeux, je n’agis pas dans ma vie : je la subis en courant.

Vous vous apprêtez à partir vivre un an en Corée avec votre famille : c’est un choix important. Qu’est-ce qui vous a décidé ?

Avec ma femme, nous nous demandions : « Qu’est-ce qui nous ferait vraiment du bien, là, aujourd’hui ? » Ma réponse a été : « Nous recentrer sur la méditation et prendre un peu le large. Partir… à Séoul ? » Elle a répondu : « Super ! » Passé la joie, je ne vous cache pas que nous avons été tentés de revenir en arrière : ici, nous avons des amis, les enfants sont heureux… C’est là qu’intervient une vertu zen que j’aime beaucoup : la détermination. Ce n’est pas une obstination bornée, c’est le choix d’avancer, de progresser dans ce que je suis. Il est normal d’avoir peur du changement. Mais quand on tourne une page, on ne peut pas attendre que la page qui arrive soit identique. C’est toujours un saut dans le vide… Et c’est là que l’on mesure l’importance d’avoir à ses côtés une personne qui nous soutient et nous accompagne dans notre détermination.

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