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Publié par Maître ZEN

 

Crise de couple, licenciement, maladie grave… Si les épreuves rendent éminemment vulnérables, elles sont aussi, en trouvant les bons soutiens, l’occasion de se redéfinir, et de poser un autre regard sur soi.

Isabelle Taubes

 

Ce que les épreuves nous enseignent

 

 

 

Chaque jour, nous sommes assaillis par un flot de mauvaises nouvelles, qui alimentent un sentiment d’insécurité et de précarité. Et dans une société misant sur la consommation plus que sur le lien social, il n’y a pas à s’étonner que nos plus grandes peurs soient de devenir pauvres ou d’être dépossédés : si mon compagnon me quitte, l’isolement me guette ; si je perds mon travail, je vais me retrouver à la rue ; si je tombe malade, je risque l’exclusion du monde « normal », celui des bien-portants…

Tout est là pour que nous nous sentions sans recours. Pourtant, ce contexte inquiétant n’est pas seul responsable de la sidération qui s’empare de nous face à la perspective d’une séparation amoureuse, à l’annonce d’un licenciement ou d’une maladie grave. En effet, « toutes les épreuves majeures de l’existence, quelle que soit leur nature, renvoient à une situation de détresse originelle », explique le psychanalyste Olivier Douville. Confronté à elles, nous redevenons le petit enfant sans défense que nous avons été un jour, ou le bébé dépendant totalement, pour subsister, du bon vouloir de l’autre, la mère, la nourrice…

 

A découvrir

Idées clés

Les épreuves majeures de l’existence nous font redevenir le petit enfant sans défenses que nous avons été.
Elles nous obligent à nous redéfinir : c’est un moment important pour s’introspecter.
Les surmonter est un « art de vivre » plus qu’un courage, et passe par l’acceptation.

Face à l’épreuve, une même interrogation surgit, pas toujours consciente : qui pourrait encore vouloir de moi ? Qu’est-ce que je vaux maintenant que je vais devoir renoncer à l’être avec lequel je pensais passer ma vie, que mon patron m’a donné congé, que mon corps m’a trahi ? Notre espace intime est malmené, le regard que nous portions sur nous-même est brutalement mis en cause : les événements pénibles nous poussent à découvrir des schémas de pensée qui, à notre insu, conditionnent notre moi. Nous allons rencontrer notre vulnérabilité ou, au contraire, des potentialités, des forces de vie insoupçonnées.

 

« Il faut éviter de raisonner en termes de destinée »

Depuis leur apparition sur Terre, les êtres vivants ont mis en place deux grandes stratégies de survie : le combat et la fuite. Au cours de l’évolution, chez les humains, ces réponses physiques ont été remplacées par des parades plus intellectuelles : que faire pour venir à bout des problèmes ? Les analyser, les nier ? Accuser les autres, le destin, Dieu ? Demander de l’aide ? S’enfermer en soi-même ?

Selon Olivier Douville, pour affronter une difficulté qui met notre être en jeu, la priorité est d’apprendre à « distinguer » : « Un licenciement n’est pas du même ordre qu’une rupture amoureuse. » Même si les deux occasionnent une sensation de solitude, une blessure d’amour-propre et des angoisses d’abandon. Ensuite, préconise- t-il, « il faudrait éviter de raisonner en termes de destinée : je suis plaqué par mon partenaire, licencié, ou gravement malade, ou c’est mon destin, il devait en être ainsi, je le mérite, parce que je suis moins que rien. Plus nos tendances masochistes et nos impulsions à nous faire du mal – nous en avons tous – sont puissantes, plus résister à la tentation de se voir en E.T. l’extraterrestre prédestiné au malheur est difficile ».

Au contraire, nous devons nous efforcer de réaliser que, forcément, d’autres ont vécu ce drame qui s’est abattu sur nous. Et même si nous nous sentons réduits à rien, en réalité, nous venons d’accéder à un nouveau statut. La difficulté que nous rencontrons ne fait pas de nous des parias, des exclus – de ceux qui sont aimés, du monde du travail, de l’univers des bien-portants –, elle nous oblige à nous définir autrement. Mon partenaire m’a quitté, mais je ne suis pas devenu un déchet : je suis de nouveau célibataire ; je suis licencié, mais je ne suis pas devenu inutile, incapable : c’est un moment de vie pour faire le point, me demander ce que je sais faire et ce dont j’ai envie ; j’ai un cancer, mais je ne suis pas réduit à ce mal, mon destin n’est pas d’en mourir, néanmoins, pour survivre, je dois m’en remettre à la médecine.

Ce que les épreuves nous enseignent

« Se confier à un proche est essentiel »

Un licenciement, une maladie, le décès d’un proche, une séparation ou la simple prise de conscience que notre couple n’est plus ce qu’il était constituent une interruption de parcours. « Là où il y avait des mots, il y a un vide, résume la psychanalyste Valérie Blanco, auteure de Dits de divan (L’Harmattan, 2010). L’incompréhensible, soudain, fait irruption dans la trame de nos vies. » D’où la nécessité de rétablir progressivement du sens. Se confier à un proche, un ami est essentiel – « Surtout un ami assez malin pour savoir que ses conseils ne seront pas suivis », précise Olivier Douville.

Certains choisiront la voie de l’écriture, précieux remède à l’angoisse et à la tristesse, car écrire, c’est créer, agir, quand bien même les événements semblent nous condamner à la passivité. Confier notre peur de mourir à la feuille blanche, crier notre rage d’avoir été trompés, quittés, licenciés. Se moquer, par le biais du verbe, de ceux qui nous ont insultés, les accabler d’injures. Mais tout le monde n’est pas doué pour l’écrit. Reste la peinture, le dessin ou le simple fait de contempler un ciel étoilé. Ou encore l’action, marcher, courir, nager. À l’annonce d’un licenciement, pourquoi ne pas s’of rir, si c’est possible, une pause à la campagne ? « C’est le moment de se souvenir que nous avons le droit de vivre, même quand nous ne sommes pas utiles au système marchand », insiste Olivier Douville. Délaissés ou trahis par notre partenaire, nous tendons à nous laisser aller, à nous négliger. Il faudrait à l’inverse essayer de renouer avec la séduction, qui maintient le désir vivant. Pas seulement éros le désir sexuel, mais l’ensemble des pulsions de vie, moteurs de l’existence.

 

S’il existe des stratégies de défense efficaces, il n’existe pas de réponse universelle. Quand un de nos points d’appui essentiels s’effondre, qu’il s’agisse de la sphère professionnelle, familiale ou amoureuse, ou encore de la disparition d’un être cher, nous devons nous engager dans un travail intérieur de deuil. Parfois, dénier un temps la réalité de la perte est préférable, si cet aveuglement passager nous épargne une grave dépression. Surtout, il semble évident que nous ne sommes pas égaux face aux difficultés de la vie. Des personnes tenues pour fragiles résistent à des catastrophes terribles. Des colosses s’écroulent après avoir été quittés par leur petite amie.

Y aurait-il un « mystère » de ceux qui s’en sortent mieux que les autres ? « Nous rencontrons des personnes mieux outillées narcissiquement », reconnaît Olivier Douville. Elles ont une bonne image d’elles-mêmes, ont confiance en leurs chances de rebondir après une passe difficile. « Mais, poursuit-il, il est illusoire de penser que notre force psychique, notre énergie intérieure restent identiques tout au long de notre vie. Tout individu sans exception présente un défaut dans sa cuirasse. » Il n’existe aucune méthode éducative pour transformer un être humain en battant.

Il semblerait que les individus dont le cerveau secrète une grande quantité de dopamine et de sérotonine soient mieux armés face aux difficultés de la vie : ils sont plus actifs, plus optimistes. Problème : tout comme notre énergie psychique, notre taux de dopamine et de sérotonine est sujet à des fluctuations. Et il ne nous garantit pas à lui seul un moral d’acier ni le désir de surmonter l’épreuve : l’image que nous avons de nous, les liens que nous avons tissés jouent un rôle tout aussi essentiel.

« Affronter une épreuve, c'est intégrer un art de vivre »

« Une certaine souplesse psychique est nécessaire pour faire face aux aléas de l’existence, note Valérie Blanco. Mais c’est surtout le sens que revêt telle ou telle épreuve pour un individu qui est déterminant. » Ainsi cette femme qui, à 30 ans, a perdu un enfant en bas âge sans s’effondrer ; qui a « tenu le coup », quinze ans plus tard, quand sa fille aînée est morte sous ses yeux ; et qui est entrée dans une profonde dépression à 50 ans, le jour où elle a dû renoncer à son statut de gérante d’une grande entreprise. Brutalement, elle n’était plus rien, plus personne, sans appui pour vivre au quotidien.

Surmonter les difficultés, est-ce affaire de courage ? « Non, s’insurge Olivier Douville. Le courage est un bel idéal moral, une vertu philosophique, mais d’un point de vue psychanalytique, il ne signifie rien. Affronter une épreuve n’est pas une performance, c’est l’intégration d’un art de vivre. » Un art de vivre qui passe par l’acceptation des aspérités de l’existence et des transformations qu’elles impliquent. Les épreuves rendent-elles plus résistant ? « Oui, rassure-t-il, car elles nous forcent à mobiliser nos forces vitales. » « Elles permettent d’acquérir un nouveau savoir- faire avec le manque, l’angoisse ; cependant, l’accumulation de difficultés use », tempère Valérie Blanco.

 

A découvrir

L’ambiance compétitive de notre époque laisse croire qu’un individu doté d’un moi fort s’en sortira mieux. « Ce point de vue me semble dangereux, car susceptible de déboucher sur une psychologie opposant des êtres supérieurs sans faille à des sous- hommes faibles, conclut Olivier Douville. Au contraire, nous devons chercher un soutien, nous rapprocher de ceux qui ont traversé des expériences similaires. » Car on ne se sort jamais seul d’une épreuve majeure.

Vous avez dit « résilient » ?

Il y a une trentaine d’années, la notion de résilience était absente de notre vocabulaire. Aujourd’hui, grâce à l’œuvre  du neuropsychiatre et psychothérapeute Boris Cyrulnik, et en particulier de son livre Un merveilleux malheur (Odile Jacob, “Poches”, 2002) elle est tombée dans le langage courant. Au point que nous l’employons fréquemment à mauvais escient. « Je suis résilient » signifie trop souvent : je suis capable de rebondir, je m’en suis sorti, donc je suis solide, je possède une grande force intérieure. Or, la résilience n’est pas un trait de personnalité, ni une qualité comme la bonté ou l’avarice. Définie par Boris Cyrulnik comme l’art de naviguer sur les torrents, elle est un « tricotage », un réajustement, qui se poursuit tout au long de la vie. On guérit définitivement d’une maladie, en revanche, on n’enterre jamais un traumatisme ou le souvenir d’une épreuve majeure. Chaque jour, nous allons nous reconstruire. Et la résilience ne tient pas de la performance, de l’exploit personnel, elle passe toujours par les autres : les amis, les partenaires amoureux. Mais aussi les inconnus généreux qui nous orientent vers la bonne information, les membres des groupes de soutien qui nous aideront à émerger… les bien nommés « tuteurs » de résilience.

Ce que les épreuves nous enseignent

Donner du sens aux drames grâce à la philosophie

Quoi de plus difficile à penser que le drame, l’épreuve, la catastrophe ? Faut-il, pour les surmonter, leur accorder une signification et risquer de verser dans la pensée religieuse (la rédemption des péchés, le pas vers la vie éternelle) ? Ou, au contraire, verser dans l’absence de sens, ne considérer les épreuves que pour ce qu’elles sont, un hasard tragique dont les humains se sortent comme ils peuvent ? Le philosophe Pierre Zaoui, auteur de La Traversée des catastrophes (Seuil, 2010) propose une autre voie, passionnante et laïque : subir une épreuve, c’est passer de l’autre côté des apparences. À l’instant où l’ordre et le sens de ce que l’on vivait volent en éclats, nous sommes projetés dans un temps où soi-même, les autres, le monde changent de valeur. C’est le « chaos » de Nietzsche qui, en nous dépouillant, nous permet de découvrir la face cachée de la vie. Y compris lorsque la force nous quitte. Par-delà le scandale du malheur, c’est au tissu même de la vie que nous sommes pris, car, nous dit Pierre Zaoui, « le bonheur n’est pas l’antonyme des catastrophes : il peut se préserver et même surgir avec elles, entre elles, voire par elles. Mais le bonheur n’est pas non plus leur fin… » Et, pourraient ajouter bien des victimes, au coeur de l’abjection peuvent surgir des pépites de joie et de sens.

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