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Publié par Maître ZEN

Ils partent dans des lieux magnifiques... pour s’enfermer dans une salle et « travailler sur eux ». Ils cherchent des rencontres authentiques, des prises de conscience, une tranche de thérapie, un coup d’accélérateur... Est-ce du travail ? Ou simplement une manière différente de profiter de ses congés ?

Cécile Guéret

 

Travailler sur soi l'été, est-ce des vacances ?

 

« J’ai entendu parler de l’Espace des possibles pour la première fois il y a neuf ans, par des amis de mes parents. Je les avais vus sur le chemin du retour, ils étaient détendus, rayonnants. Ils ont attisé ma curiosité et mon envie. Deux mois plus tard, j’y étais. Puis chaque été pendant huit ans, avant de découvrir Possibilis », raconte Fabien, 36 ans, qui y a trouvé une « ouverture du cœur » comme nulle part ailleurs. C’est en effet le premier argument des adeptes de ce type de vacances : les rencontres authentiques. « Pour le même prix qu’une semaine à l’hôtel, j’ai plus de choses à dire à mes voisins de transat », relève Hélène, 48 ans, qui apprécie aussi, au Hameau de l’étoile, la grande mixité sociale : « Un laveur de carreaux, un P.-D.G., quelqu’un qui vit dans sa roulotte... Un tel mélange ne se rencontre pas ailleurs. » Ces gens différents se retrouvent sur des valeurs communes dans la grande famille de ceux qui sont « en chemin ». Ici, pas de prétentieux pour en mettre plein la vue avec ses biscotos. Ou, s’il le fait, « c’est après avoir vérifié que c’était OK pour toi, et tu pourras le remercier pour ce partage », s’amuse Julie, 33 ans, parodiant le vocabulaire en vogue dans les lieux de développement personnel. « C’est vrai qu’on s’y dit plutôt de belles choses. C’est un code comme un autre, bien sûr, mais ça fait du bien, souligne Laurent, 51 ans, qui a planté sa tente dans plusieurs de ces endroits. Même si chacun a son ego et qu’on s’y engueule comme ailleurs parce que le voisin fait trop de bruit. » Mais on s’y rabiboche aussi, avec un gros câlin. Cette façon d’être ensemble peut étonner. Dans le car qui menait au Hameau, Marie, 50 ans, a d’abord « eu la trouille de tous ces gens qui se faisaient des papouilles. J’ai prié pour qu’on ne soit pas dans le même stage. Heureusement, non : c’était des “tantra”. Cela dit, au retour, après une semaine de gestalt, les chakras bien ouverts, j’étais copine avec tous les passagers du TGV ! »

Travailler sur soi l'été, est-ce des vacances ?

Des contacts plus intimes

L'illusion d'un travail thérapeutique

Un stage d’une semaine, c’est du développement personnel, pas de la thérapie.

La thérapie part d’une demande de mieux-être, de trouver un sens à sa vie ou d’être accueilli dans sa souffrance, qui parle de notre façon spécifique d’être au monde et de notre histoire. Le développement personnel (DP) fait le chemin inverse : il propose une méthode (Tipi, conte...) ou une thématique (trouver sa puissance, s’ouvrir à sa féminité...) dans laquelle nous nous coulons.

La thérapie demande du temps. Pour tisser l’alliance thérapeutique, construire de la sécurité, éclairer notre fonctionnement intime, épuiser le transfert ou regarder les enjeux relationnels. Cela est impossible dans le temps court d’un stage de DP, qui peut néanmoins permettre de prendre conscience de nos blocages et d’amorcer un processus de changement.

En thérapie, pour un changement profond et ajusté à notre personnalité, à notre histoire, nous allons voir notre part d’ombre et nos traumatismes infantiles. En DP, nous visons l’idéal de soi, ce que nous pourrions être de mieux. Nous cherchons à révéler nos potentiels enfouis, à développer notre créativité ou notre assertivité.

Comme souvent en vacances, on arrive tendu, on repart zen et souriant. Un peu plus dans ces lieux à l’écart du monde, écrins de sécurité, où nous lâchons nos défenses habituelles. « À l’Espace, je tombe le masque », confie Charlotte, 32 ans. Si bien que, pour beaucoup, les relations sont thérapeutiques. Ainsi, pour Laurent, pas de grands bouleversements, mais une succession de petites guérisons qui ont permis un changement de fond. « La première année, j’étais déprimé, incapable de parler à qui que ce soit. Grâce aux ateliers de massage, j’ai pu créer du lien plus facilement. Je me suis aussi abreuvé de ce qui était tabou pour moi : le rapport au corps, à la nudité, aux femmes. Ensuite, j’y suis allé quatre fois par an pendant huit ans. Cela a mis du baume à un endroit blessé, ça m’a nourri », raconte-t-il.

Avant de préciser : « Certains viennent aussi pour le sexe, car on y couche plus facilement qu’ailleurs. Pour ma part, je me suis étonné de ne profiter que modérément de cette liberté. J’y ai compris que ma tempérance n’était pas une histoire de timidité ni d’interdits. J’ai pu me soulager de ce rêve mal assumé de tombeur qui me correspondait si peu. » « Une semaine en immersion, loin de sa famille, pris en charge comme un enfant, sans se préoccuper ni des courses ni du dîner : toutes les conditions sont là pour que le stage soit intensif, voire régressif », éclaire Alain Héril, psychanalyste intégratif et sexothérapeute, qui anime des stages d’été au Hameau de l’étoile et à Existence. Une perte de repères propice aux prises de conscience. « On réalise comme on est accroché à notre familier. Et l’inconnu fait bouger, indique Marie José de Aguiar, gestalt-thérapeute, qui organise notamment un stage au Burkina Faso. Tout y est différent : le rapport à l’autre, au temps, à la nourriture... Cela nous confronte à nos peurs, à notre capacité ou difficulté d’adaptation. » Le groupe amplifie les dévoilements, permet de faire l’expérience de l’empathie, de l’entraide, du non-jugement. « Alors que le travail corporel m’était difficile, voir les autres oser m’a permis de plonger », se souvient Marie.

Via les ateliers, on se rencontre aussi plus intimement, et la vie communautaire elle-même est riche d’enseignements. « Une vraie marmite ! Vivre ensemble, souvent en partageant la chambre, c’est un accélérateur », reprend la gestalt-thérapeute. Certains thèmes émergent plus qu’en thérapie individuelle : « La question de la place que l’on prend, trop ou pas assez. La relation à l’autre : certains se découvrent agressifs, d’autres introvertis. On peut aussi rejouer des choses de sa fratrie, de la rivalité par rapport au parent qu’est, symboliquement, le thérapeute. Sans oublier, bien sûr, tous les enjeux autour du corps, de la sensualité, qui surgissent l’été, en maillot de bain », continue-t-elle. Fabien, lui, y voyait même un baromètre pour estimer son évolution année après année : était-il aussi timide ? Mettait-il plus de limites que l’été précédent ?

Travailler sur soi l'été, est-ce des vacances ?

Un grand choix de « psychoactivités »

Biodanza, massage sensitif, tango relationnel, approche quantique... Ces vacances permettent aussi d’essayer des « psychocuriosités » pas toujours proposées en dehors des grandes villes. Ou pour lesquelles on hésiterait à signer pour une année. L’écueil étant, bien sûr, une course à la consommation, quête du Graal version thérapeutique. « Cela peut aussi être positif. Comme lorsque les enfants testent plein de sports avant d’en choisir un, on peut y trouver le style qui nous convient grâce à l’abondance de propositions », note Gaëlle Laleu, thérapeute psychocorporelle, qui anime des ateliers à Faistesvacances et à l’Espace des possibles. Une curiosité saine qui permet aussi aux participants de goûter une méthode pour éventuellement, ensuite, s’engager dans une thérapie individuelle ou en groupe. À l’inverse, complète-t-elle, « certains de mes patients viennent aussi pour s’autonomiser, tout en gardant la sécurité de m’avoir à portée de main ».

De nombreux avantages, mais aussi des risques réels. Celui de la suractivité et de la décompensation, d’abord. Même si l’encadrement de ces lieux d’accueil est vigilant, « certains participants multiplient les ateliers impliquants et ont des difficultés à intégrer ce qu’ils y vivent », alerte Gaëlle Laleu. Celui du papillonnage d’un stage à un autre, ensuite, avec l’illusion de faire une thérapie. « Sur vingt personnes, il y en a trois ou quatre qui grappillent. Cela va souvent de pair avec l’idée que la thérapie est longue, chère, ainsi qu’avec une minimisation de leur problématique », remarque Alain Héril. On peut avoir de vraies prises de conscience, le temps du stage. « Puis on retourne à ses habitudes et le changement s’estompe », poursuit Marie José de Aguiar, avant de préciser : « Si le développement personnel est moins confrontant qu’une thérapie, ce n’est pas méprisable pour autant. On y apprend beaucoup sur soi. » En clair : il peut y avoir des effets thérapeutiques, mais ce n’est pas le but. Les malentendus sont pourtant fréquents, certains arrivant avec des demandes élevées, impossibles à satisfaire en un temps court. Ils seront forcément frus- trés. Mais ils peuvent aussi trouver un point de départ pour une thérapie plus approfondie. Comme Marie : « Les pre- miers jours, j’avais l’impression d’être jetée en pleine mer. J’ai pris des coups de houle ! Ça a été exaltant, parfois diffi- cile à vivre, mais j’ai réalisé que j’avais des bouteilles pour explorer les fonds marins. Et j’en avais envie. Au retour, j’ai arrêté de procrastiner en thérapie, j’y suis allée à fond ! »

 

Travailler sur soi l'été, est-ce des vacances ?

Une parenthèse nourrissante

 

« Je me baigne, je danse... Je m’éclate ! » annonce Laurent, à qui il arrive de passer juste pour voir des amis, sans participer à un stage. Pour Hélène, pas de doute non plus : « Je me repose, je prends du recul, je réfléchis à ce que je veux pour l’année à venir. Je rentre avec la pêche. Oui, ce sont des vacances. » Mais « en conscience », dont on ne revient pas toujours comme on est parti. « Les premières années, j’en sortais transformé. Je voyais cela comme une parenthèse qui nourrissait ma vie. Aujourd’hui, les expériences vécues me semblent moins fortes mais plus intégrées à mon quotidien », constate Fabien. « Parce qu’on est devenus des “babos” à temps complet ! » rigole Charlotte, sa compagne, rappelant que ses deux premiers étés ont été riches en bouleversements : « Le premier, j’ai démissionné pour devenir praticienne en shiatsu. Le deuxième, j’ai divorcé et changé de région. Mais tout cela dans une grande évidence. » Si bien qu’aujourd’hui elle n’a plus l’impression de poser son masque entre le 15 juillet et le 15 août. Ni même d’en porter un le reste de l’année.

Travailler sur soi l'été, est-ce des vacances ?

Les précautions nécessaires

Malheureusement, certains encadrants, peu ou pas formés, sont de vrais dangers. Ceux qui se croient tout-puissants et imposent leurs interprétations sauvages (« Ta dépendance affective ? Un problème avec ta mère ! » ). Ceux qui poussent à la décharge émotionnelle, qui « attaquent le symptôme au bulldozer, s'inquiète Alain Héril, psychanalyste et sexothérapeute. Il faut, selon eux, que les stagiaires se sentent mal le mercredi pour être récupérés le jeudi. Sauf qu'ils risquent de réancrer les traumatismes, de renforcer le système de défense et de faire de gros dégâts. C'est ainsi que, le dernier jour, on retrouve des gens hébétés, avec la peur de repartir ». D'où l'importance, avant de s'inscrire, de se renseigner sur le stage, la méthode et le praticien. D'où aussi l'extrême précaution que doivent prendre les thérapeutes de ne pas toucher à la part d'ombre dans un stage de développement personnel. Et d'assurer qu'en cas de mal-être un stagiaire peut toujours venir les trouver. « Si quelque chose de douloureux émerge, je l'accueille en m'appuyant sur les ressources, en allant vers la lumière. Je ne chezrche pas à faire des liens avec l'histoire familiale comme en thérapie, même si la personne peut en faire », expose Marie José de Aguiar, gestalt-thérapeute. « Le but, ajoute Alain Héril, c'est que les stagiaires restent dans leur zone de confort et repartent mieux qu'en arrivant. »

 

Travailler sur soi l'été, est-ce des vacances ?

Où aller ?

Pour faire son programme à la carte : 

L’Espace des possibles (Espace jardiner ses possibles) : c’est l’endroit historique, fondé en 1977, en Charente-Maritime. Au bord de la plage, il peut accueillir jusqu’à six cents personnes. À l’origine lieu de défrichage et d’expérimentations, il lui est aujourd’hui reproché d’être trop hiérarchisé et cadré. Il n’y est par exemple plus possible d’être massé tout nu. La rançon du succès.

Possibilis : plus petit (quatre-vingt-dix personnes au maximum, « pour pouvoir se connaître et tenir tous autour de la grande tablée »), autogéré, familial, écolo et pas cher (environ 150 euros la semaine, tout compris). Tout le monde peut y proposer des ateliers, même les enfants. Avantage : « On cherche quelle compétence on a à offrir », explique Charlotte, qui y a séjourné. L'inconvénient : impossible de prévoir les stages à l’avance.

Faitesvacances : véritable « village vacances » avec piscine, tennis, sauna et plus de cent stages par semaine. Le site Internet est très bien fait pour établir son programme. De nombreuses activités pour les enfants. 

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