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Publié par Maître ZEN

 

Ça nous arrive à tous un jour ou l’autre. On se demande ce qu’on fiche là, alors qu’on rêverait d’être ailleurs. Enquête sur ce désir qui nous titille parfois très fort.

par Danièle Laufer

Pourquoi on rêve d’une autre vie

L’impression de s’être trompé de chemin

 

On peut être hypercontente de sa vie et avoir des grands coups de mou de temps en temps. Ras le bol des contraintes, des horaires, de la course. C’est la frustration ordinaire des gens normaux. La nôtre, la vôtre. « Personne n’est en adéquation totale avec son existence » dit le philosophe Michel Lacroix, auteur de « Ma philosophie de l’homme » (Robert Laffont). Posez la question autour de vous « Et toi, tu rêves d’une autre vie ? » A part celle qui vient de rencontrer l’homme de sa vie, d’avoir un bébé ou de décrocher un gros lot, la grosse menteuse de service qui frime toujours et celle dont l’énorme surmoi l’empêche de déroger à la morale, elles vous répondront toutes un « oui » plus ou moins sonore et retentissant. Comme si elles avaient l’impression de s’être un peu trompées de vie. Ou d’avoir enfilé les chaussures d’une autre, programmée pour une existence très sympa, mais pas forcément celle dont elles rêvaient ado.

En général, ça ne dure que le temps d’un soupir accablé et ça repart. Mais pas toujours. A la quarantaine, un peu coincée entre mari, enfants et boulot, avec le sourire et ce fameux surmoi en béton qui vous ordonne de tout bien faire en prime, on est parfois essoufflée, on a envie de souffler. « A un moment donné, on est submergée par le quotidien, la répétition, le sentiment de patiner, d’être mal employée, mal utilisée voire sacrifiée dans sa vie professionnelle ou personnelle » commente Luce Janin-Devillars, psychanalyste et coach, auteur de « Changer sa vie – Il n’est jamais trop tard » (Michel Lafon). Et c’est le ras-le-bol : « J’en ai assez, je voudrais changer de vie. »

On veut être le héro de sa propre vie

 

On n’a plus envie de passer à côté de sa vie, on veut l’inventer. Hors monotonie, avec moultes péripéties à la clé et de préférence un maximum de réussites et de succès. « On veut avoir du pouvoir sur son destin », explique le sociologue Jean Viard, auteur de « Le triomphe d’une utopie » (Éditions de l’Aube). « Autrefois, on espérait changer le monde, aujourd’hui on veut changer sa vie », soupire Michel Lacroix. L’individualisme et le narcissisme sont passés par là. « Notre vie est structurée par le principe de l’aventure : en moyenne, on déménage tous les dix ans, on change de partenaire tous les huit ans et de job tous les onze ans », poursuit Jean Viard. Au nom de quoi, ajoute-t-il, « Tous les matins on se demande « Je change ou je continue ? » et ce qui est stable devient un choix ». Pour le sociologue, nous vivons désormais en effet dans une « société de discontinuité ». On est toujours en train d’avoir un œil sur ce qui va arriver. « Les gens savent bien qu’ils ne vont pas entrer dans une boîte à 25 ans et finir à la retraite avec la médaille du travail. Ils ont intégré l’idée qu’ils peuvent avoir plusieurs vies — professionnelles mais aussi personnelles, amoureuses, conjugales. On est tous parfaitement conscients qu’on n’est pas obligé de garder le même métier toute sa vie, qu’on peut suivre une nouvelle formation et se lancer dans une activité à laquelle on n’avait pas songé. La notion de pérennité a disparu. Aujourd’hui, la seule chose qui soit pérenne, ce sont les enfants », confirme Luce Janin-Devillars.

Du coup, on n’a plus envie de jouer les Madame Bovary, qui rêvent leur vie au lieu de la vivre vraiment.Mais à partir du moment où on est sommée de s’inventer soi-même, comme le souligne le sociologue Alain Ehrenberg, où on devient de façon démiurgique l’artisan de son propre destin, on n’a pas le choix : on doit devenir un héros ou une héroïne – au moins à ses propres yeux.« On veut être à la hauteur de cet idéal de soi qui nous propulse en avant et nous intime de réaliser nos rêves », explique Michel Lacroix. Qui considère que les injonctions au bonheur contemporaines que nous avons toutes intériorisées risquent de se transformer en une « auto persécution » extrêmement contre-productive. Ce n’est pas aussi simple qu’on pourrait l’espérer. Et dire « quand on veut, on peut " c’est se tromper. « Il faut tourner le dos à la pensée magique » insiste le philosophe.

Pourquoi on rêve d’une autre vie

On ne doit jamais renoncer à son désir

 

En attendant de passer éventuellement à l’acte, « en rêver peut être un outil psychique qui va nous permettre de supporter la réalité, un petit peu comme un fantasme », dit Luce Janin-Devillars. Il n’y a en effet aucune raison de tout casser tant que la vie va, même si c’est parfois plus cahin que caha. Mais on peut entretenir et caresser ce désir pour plus tard, quand le moment sera venu. « Les rêves éclairent notre monde, nous aident à tenir et nous permettent malgré tout de transformer notre vie » assure Jean Viard. On se dit : « Plus tard, si vraiment j’en ai trop marre, je ferai autre chose. Le métier dont je rêvais autrefois. La passion dont je me suis éloignée pour gagner ma vie ou parce que je n’étais pas sûre que ce soit une vraie vocation. Ou je mènerai une vie qui me paraîtra meilleure. Ailleurs, autrement. " Le journaliste et écrivain Eric Dupin, auteur de « Les Défricheurs » (La Découverte), a rencontré plus de 150 femmes et hommes qui, un jour, ont suivi leurs rêves pour en finir avec une société consumériste dans laquelle ils ne se reconnaissaient plus et mettre leur existence en adéquation avec leurs valeurs sociales et écologiques. Il les appelle des défricheurs. En attendant, tout le monde n’est pas prêt à courir le risque de renoncer à son confort. Mais l’idée que c’est possible, qu’on n’est pas enfermée dans notre existence jusqu’à la fin de nos jours, qu’il y a toujours des possibilités de modifier le cours des choses, cela n’a pas de prix. « La plupart du temps, on est coincé par nos propres barbelés », souligne Luce Janin-Devillars. Ce n’est grave que lorsqu’on a l’impression qu’on ne peut pas continuer comme ça. « C’est parfois une question de vie ou de mort. Si je ne bouge rien, je vais m’effondrer, faire un burn-out, une dépression, péter un câble, pense-t-on. A ce moment-là, je crois qu’il est très salutaire de démarrer quelque chose », poursuit la psy.

On part pour réussir autrement

 

C’est une nouvelle tendance forte. « Le souci des gens n’est pas de réussir dans la vie comme on disait autrefois mais de réussir leur vie. Devenir boulanger en faisant un apprentissage, ouvrir des chambres d’hôtes… », explique Luce Janin-Devillars. Dans ses activités de coach, elle reçoit plein de futurs défricheurs : « J’en ai deux en ce moment qui sont partis créer un potager écologique en Normandie. Ils ont 32 et 35 ans. Ils avaient une start-up. Ils vont retaper une ferme avec l’argent qu’ils avaient mis de côté sur un livret de caisse d’épargne. Ils ont trouvé une école pour leurs deux enfants. Ils vont gagner trois fois moins mais ils sont contents. » D’autres n’hésitent plus à s’installer à l’étranger. Le nombre de Français expatriés a progressé de 35 % en dix ans. Au 31 décembre 2013, ils étaient 1,643 million, dont 60 % entre 18 et 60 ans (1).« La notion de frontière s’est beaucoup amenuisée. Les jeunes que je reçois se conçoivent comme des citoyens du monde. En outre, ils ont le sentiment qu’ils peuvent avoir des postes à l’étranger avec des salaires plus importants. Ils reviendront plus tard », constate Luce Janin-Devillars.

Entre le rêve et la réalité, il y a souvent un déclic, explique Eric Dupin. Puis un pas immense à franchir.D’où la nécessité de préparer le changement, de ne pas le faire dans la précipitation. En parler avec sa famille, forcément partie prenante dans l’histoire. Accepter de gagner moins d’argent. Savoir qu’on risque de se retrouver un peu plus isolé au début professionnellement et même socialement. Mais quand le désir se fait irrépressible, pourquoi hésiter ? Mieux vaut sans doute s’envoler avec mari et enfants, qui seront peut-être très contents de changer avec vous, que regretter un jour de ne pas avoir suivi son rêve. En tout cas, ça mérite réflexion.

(1) source : Ministère des affaires étrangères

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