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Publié par Maître ZEN

 
Pourquoi c’est si difficile de se parler?

On aimerait pouvoir le faire, on y arrive rarement : parler “vrai”, surtout à ceux qui nous sont proches, est un exercice trop souvent voué à l’échec. Qu’est-ce qui nous empêche ainsi de dire clairement ce que nous ressentons ?

Isabelle Taubes.

 

Que tu es bête, Maman ! Euh, ma langue a fourché, je voulais dire : « Que tu es belle ! »

Rien de tel qu’un bon lapsus pour dire, sans en avoir l’air, une vérité indicible autrement. Si, à l’exemple du langage animal, la conversation humaine ne servait qu’à transmettre des informations, se parler "vrai" serait plus aisé. Or, la théorie psychanalytique révèle que la fonction de la parole est d’abord relationnelle : elle sert à dire, autant qu’à mentir ou à cacher. En outre, elle dépend étroitement de la nature et de la qualité des relations établies avec nos interlocuteurs. Et en famille, en couple, c’est presque toujours l’ambivalence affective, faite simultanément d’amour et de haine, qui mène le jeu.

 

On n’est pas au clair avec ses émotions

S’il nous est si difficile de parler aux êtres qui nous sont proches, c’est donc toujours pour plusieurs raisons. Principal écueil : nous le savons depuis Freud, nous possédons tous une zone d’ombre qui échappe à notre contrôle, l’inconscient. Et cette force obscure tend à nous leurrer sur la cause réelle de nos agissements.

Ainsi, j’abreuve d’injures l’amoureux, qui, à la dernière minute, me fait faux bond. J’essaye de justifier ma fureur par sa grossièreté : « On ne t’a jamais appris à respecter tes engagements ? » A première vue, cette réaction est parfaitement rationnelle. Pourtant, le dialogue sera impossible, car le véritable mobile de cet emportement est ailleurs : dans ma frustration, dans ce rendez-vous manqué qui me vexe et heurte mon amour-propre…

 

On dit pour cacher

En fait, parler sert trop souvent à dissimuler l’essentiel. Lors de vacances en famille, Elisabeth, 25 ans, présente sa nouvelle conquête : un homme de 60 ans, plus âgé que son père. Stupeur de toute la tribu qui, choquée, n’ose pas aborder le sujet susceptible de fâcher. On va donc parler de tout et de rien : des caprices de la météo, de la récolte des mirabelles… « Si je parle sincèrement à ma fille, ne vais-je pas faire intrusion dans sa vie privée ? », s’interroge le père, accablé de voir son enfant faire les yeux doux à un sexagénaire. Quand il s’agit, par peur de blesser ou d’être trop "intrusif", de dissimuler nos véritables sentiments, parler à tort et à travers se révèle une voie plus sûre que le silence qui, lui, trahira notre véritable ressenti.

En outre, bon nombre de nos discussions servent à faire passer des messages codés. Maud, 42 ans, reçoit un coup de téléphone de sa mère, furieuse : son fils adolescent, en week-end dans sa maison de campagne, a vidé le frigo sans le réapprovisionner. Pourquoi la grand-mère ne s’est-elle pas adressée au principal intéressé ? Tout simplement parce que ce réfrigérateur vide compte très peu. Elle cherche, une fois de plus, à dire à sa fille qu’elle élève mal son fils, qu’elle est une mauvaise mère. Une façon de lui rappeler son statut de mauvaise fille qui, depuis toujours, la déçoit. L’exprimer directement serait trop dur, aussi se protège-t-elle derrière des accusations apparemment fondées.

Pourquoi c’est si difficile de se parler?

On n’a pas été écouté

La parole ne peut devenir un instrument d’échange et d’épanouissement sans la présence d’un "autre" parental sachant écouter. Or, beaucoup d’entre nous n’ont pas eu cette chance et, à l’âge adulte, nous n’osons pas exprimer nos désirs, nos sentiments, faire valoir notre point de vue… Les inhibitions apparaissent lorsque les parents ne respectent pas les tentatives d’expression de l’enfant : « Laisse parler les adultes, tu ne sais rien, tu es trop petit. » Systématique, cette attitude finit par générer des blocages qui font dire aux parents : « C’est incroyable ! Ce petit est terriblement introverti. » L’immaturité de parents qui se moquent de lui quand, malgré tout, il tente de glisser un mot, le persuadera définitivement qu’il n’a pas le droit à l’erreur.

Toutefois, l’intolérance d’un parent dogmatique, persuadé d’avoir raison en toutes circonstances, sera tout aussi handicapante. Elle imprimera dans l’inconscient de l’enfant la croyance que contredire son interlocuteur est interdit. Souvent, pour survivre psychiquement face à un couple parental qui ne lui permet pas de s’exprimer, l’enfant peut aussi réagir en se forgeant une image surdimensionnée de lui-même. Cette construction fantasmatique l’incitera à jouer les sphinx mutiques, auréolés de mystères, afin de cacher ses failles. A moins qu’il ne devienne à son tour un tyran domestique avec qui aucune discussion n’est possible.

 

On ne sait pas à qui l’on s’adresse vraiment

S’il convient, pour parler, de savoir d’où l’on parle (c’est-à-dire qui l’on est), il est aussi important de savoir à qui l’on s’adresse. Or, quand l’autre n’est pas à sa place, cela devient impossible. C’est le cas, par exemple, avec une « mère copine » qui nie les différences entre les générations et confie à sa fille adolescente les détails de sa vie intime. Cette relation trop fusionnelle empêche un authentique dialogue entre la mère et la fille. Comment cette dernière, devenue adulte, oserait-t-elle alors s’exprimer ? Comment pourrait-elle dire son refus de voir sa mère faire intrusion dans sa vie de couple ou l’éducation de son enfant ?

Si l’inconscient nous masque nos propres émotions, il nous incite aussi à nous tromper sur nos interlocuteurs. Essentiellement en déplaçant sur nos partenaires amoureux les sentiments éprouvés pour nos premiers objets d’amour, papa et maman. Lorsque notre compagnon de vie est fantasmatiquement perçu, non comme un alter ego, mais comme le substitut d’une figure parentale toute-puissante, impossible de s’adresser à lui en adulte indépendant. Sans comprendre pourquoi, nous resterons sans mots, tel un enfant apeuré.

Quand, tout aussi inconsciemment, nous plaquons sur notre partenaire l’image de la bonne mère que nous n’avons pas eue, mais dont nous rêvons encore, nous lui reprochons tous les motifs d’insatisfaction qui font irruption dans nos vies. Sans qu’il soit en mesure de saisir la cause de notre hostilité… puisqu’il ignore qu’à travers lui nous cherchons une mère "comblante". Mais l’erreur sur la personne tient aussi, souvent, à un débordement pulsionnel incontrôlable. Au bureau, je reçois les critiques de mon supérieur, à qui je n’ose pas répondre. Frustré, furieux, je rumine ma rancœur toute la journée. Les pulsions hostiles m’envahissent et, le soir, j’explose. Mon conjoint, sans comprendre pourquoi, se transforme en symbole de toutes mes contrariétés réunies, et reçoit le flot de paroles acerbes que j’aurais aimé envoyer à mon chef.

Ces quiproquos tragi-comiques nous rappellent que, si le langage fait lien, il est aussi une force qui sépare. L’accord total, sans fausse note ni malentendu, n’est d’ailleurs qu’un idéal. Car les échanges verbaux sont à l’image des relations humaines : forcément imparfaites, et rarement limpides !

 

Dialogue... de sourds

Pour le psychanalyste Jacques Lacan, le plus insurmontable, quand nous essayons de parler ensemble, est l’ambiguïté fondamentale du langage. Selon lui, il existe un gouffre entre le sens commun des mots – la définition du dictionnaire – et la signification qu’ils revêtent, pour nous, au moment où nous les énonçons. Ainsi, je reproche à mon compagnon sa lenteur à s’engager. « Oui », me dit-il. Ce « oui » peut indiquer qu’il m’approuve, mais aussi : « J’ai entendu ta phrase, j’enregistre tes paroles, mais je ne suis pas de ton avis. » Il s’ensuivra alors l’un de ces dialogues de sourds qui font l’ordinaire des conversations humaines.

Pourquoi c’est si difficile de se parler?

Ecrire pour dire

Lorsque le dialogue se révèle vraiment impossible (à cause d’un trop-plein d’émotions ou parce que la personne à qui l’on veut s’adresser se dérobe), on peut écrire une lettre. De nombreux thérapeutes en ont même fait un véritable outil thérapeutique, comme la psychothérapeute américaine Suzan Forward (in Parents toxiques, Marabout, 2000) : « Une confrontation effectuée par lettre donne exactement les mêmes résultats que si elle avait été faite en personne. »

Qu’elle soit orale ou écrite, elle commencera par ces mots : « Je vais vous dire des choses que je n’ai jamais dites auparavant », et comprendra quatre points principaux :

=> Voilà ce que tu m’as fait.
=> Voilà ce que j’ai éprouvé.
=> Voilà quel effet cela a produit sur ma vie.
=> Voilà ce que j’attends à présent.

Selon la psychothérapeute, ces points constituent « une base solide, bien centrée sur l’essentiel, pour toutes les confrontations ». Elle permet d’éviter un dialogue inefficace ou tout sort en vrac.

Pascale Senk

A lire

• Comment lui dire ? de Charles Foster.
Des clés pour s’exprimer avec honnêteté (Marabout, 2000).

• L’Ecoute ouvrage collectif.
Une réflexion sur cet indispensable outil d’échange (Autrement, 1998).

• Parle je t’écoute de Kris Rosenberg.
Des techniques pour rétablir le dialogue dans le couple (Marabout, 2000).

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